Vers la révocation de concession pour le gestionnaire Autostrade per l’Italia

Le 14 août 2018, l’effondrement du Pont Morandi avait provoqué 43 morts et 16 blessés. Suite à la tragedie, le gouvernement avait désigné comme responsable Autostrade per l’Italia, gestionnaire d’une partie du réseau autoroutier italien dont fait partie le pont Morandi. La filiale d’Atlantia, qui gère 3 000 km d’autoroute en Italie, accuse quelque jour après réception de la lettre du gouvernement annonçant l’ouverture d’une procédure de révocation de concession. Où en sommes nous? 

La bataille du Mouvement 5 étoiles 

Le Président du Conseil des Ministres Giuseppe Conte et le leader (et Ministre des Affaires Étrangères) du Mouvement 5 étoiles Luigi Di Maio poussent toujours pour une révocation de la concession. Mais au sein du gouvernement il n’y a pas d’accord total: les doutes viennent notamment du Parti démocrate et des députés liés à Matteo Renzi. Giuseppe Conte a confirmé à plusieurs reprises que la révocation pourrait être décidée et communiquée après les élections régionales en Émilie-Romagne et s’appuiera sur de solides bases technico-juridiques, le tout en soulignant les très graves défaillances dans la gestion des infrastructures autoroutières qui se sont dégagées des enquêtes. Sur la même ligne Luigi Di Maio, qui avait déjà lancé un appel, dans lequel il demandait au Gouvernement de maintenir ferme la volonté de révoquer la concession à Autostrade.

Le désaccord au sein du Gouvernement 

Mais, dans la majorité, l’accord n’est pas total. Le premier à douter de la possibilité de la révocation a été Matteo Renzi, qui souligne comme les concessions ne peuvent être révoquées que si une base juridique valable est disponible, pour éviter de payer à Autostrade des lourds dommages. Le dirigeant d’Italia Viva a précisé qu’il ne voulait pas défendre Autostrade, mais la sécurité juridique. En effet, s’il s’avérait que la faute ne peut pas être imputée à Autostrade, l’Etat italien devrait rembourser 23 milliards d’€. Même au sein du Parti démocrate, il ne semble pas y avoir de position univoque, étant donné que la Ministre des Infrastructures et des Transports, Paola De Micheli, a appelé hier à un approfondissement des groupes parlementaires. Il y aurait également de sérieux doutes de la part du ministre de l’Economie, Roberto Gualtieri, inquiet qu’un retrait puisse avoir des répercussions sur les finances publiques.

La filiale Atlantia se retourne vers les Institutions Européennes 

Ces derniers jours, Fitch et Moody’s avaient déjà abaissé le rating de la holding de la famille Benetton. L’agence avait également noté à la baisse les actions de Autostrade, Aeroporti di Roma et Albertis. En réponse, les investisseurs européens d’Atlantia seraient sur le point d’envoyer une lettre à la Commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager et au vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis pour protester contre la décision du Gouvernement. Selon les investisseurs, la révocation pourrait compromettre la prévisibilité réglementaire et restreindre sans justification la libre circulation des capitaux. 

Daisy Boscolo Marchi

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