59ème édition de la Biennale d’architecture de Venise

La Biennale de Venise est un des évènements artistiques les plus prestigieux d’Europe et de tous les continents.  Avec 80 artistes exposés entre l’Arsenal et les Giardini, elle accueille chaque année 500 000 visiteurs en moyenne dont 8 000 journalistes sur 6 mois venant des quatre coins du monde. 

Étant l’une des villes les plus touchées par le coronavirus, cette année, l’inauguration ne se fera pas comme d’habitude au mois de mai. Suite aux mesures de précaution du gouvernement, les nouvelles dates de la biennale de Venise 2020 ont été annoncées officiellement du 29 août 2020 jusqu’au 29 novembre 2020. Par conséquent, les visiteurs n’auront seulement que 3 mois pour en profiter. Ceci est préférable pour garantir la qualité de l’événement puisqu’elle implique des architectes et institutions de plus de 60 pays à l’international, ne voulant pas courir le risque d’ouvrir une exposition incomplète. 

L’architecte, Hashim Sarkis, est le commissaire de la Biennale 2020 qui s’ouvrira sous le thème de “Comment vivre ensemble ?”. Son objectif est d’ouvrir le débat et de souligner le monde dans lequel on vit. Le titre de l’édition précédente ” Puissiez-vous vivre dans une époque intéressante.” est signé, Ralph Rugoff qui a été choisi comme Directeur Artistique de la Biennale 2019. Contemporaine, cérébrale et surprenante, cette 58 ème édition à forte teneur politique et sociale dépassait des considérations artistiques pour ouvrir sur des problèmes politiques actuels comme ceux de l’immigration. Voilà, une exposition sur le présent qui met en lumière les réalisations des artistes de notre époque. 

Studio HLG, Créateur d’univers

Avec ses canaux, ses gondoles et sa place Saint-Marc, Venise relie passé, présent et futur, avec une multitude d’œuvres sur une incroyable plateforme permettant de peaufiner son réseau et d’accéder au marché international. Depuis la fin du XIX eme siècle, elle offre la plus ancienne biennale d’art du monde. Créée en 1893, elle se tint pour la première fois en 1895 en tant que « Exposition Internationale d’Art de la Cité de Venise ». Et c’est deux ans plus tard que la deuxième édition a eu lieu ce qui lui donna le nom de “Biennale”. Pour la petite histoire, c’est sur ordre de Napoléon Bonaparte que des artistes vénitiens, italiens et internationaux ont été invités pour exposer chacun au maximum deux de leurs œuvres. 

Depuis plus de 20 ans, Paolo Baratta, ancien ministre italien, préside la Biennale de Venise. Il est à l’origine d’une politique de rénovation des lieux. Avec déjà 4400 m2 au Pavillon d’Italie et 25 000 m2 à l’Arsenal, il décide de continuer de restaurer le patrimoine architectural de Venise et ainsi d’étendre la surface de l’exposition. Le coût moyen est de 2 millions d’euros pour 500 m2, une sorte d’anticipation de loyer. Elle compte depuis de nouvelles demandes de pays désireux de participer. Quant aux autres pays, nombreux sont ceux qui veulent leurs pavillons permanents. Pour cela, l’État français donne à chaque édition environ 600 000 euros. Le Pavillon français de la 56ème Biennale de Venise est financé à hauteur de 950 000 euros par des entités tant publiques que privées. Un premier tiers de 300 000 euros est alloué par le ministère de la Culture et de la Communication et le deuxième tiers de 350 000 euros est versé par l’Institut français, l’opérateur de l’action culturelle extérieure de la France. Mais les autres pays demandeurs seront-ils prêts à se saigner pour des productions de 250 000 à plus d’un million d’euros ? 

Le budget de la biennale d’art est de 13 à 14 millions d’euros. Quant à celui de l’ensemble des biennales (arts, architecture, danse, théâtre et cinéma), il est autour de 30 millions par an. De surcroît, les fondations François Pinault, Guggenheim ou Prada font en sorte qu’avec la billetterie, les sponsors, les pays qui paient pour participer, la biennale d’art réalise un chiffre d’affaires qui couvre 90 % de ses besoins.  

La biennale est une référence d’art absolu en la matière. Elle est vue également comme « Un vernissage mondain et six mois de queue sous le soleil”. Elle a des airs du Festival de Cannes avec ses fêtes, ses stars, ses coups de cœurs instantanés, ses remises de prix … C’est la Lituanie avec son trio d’artistes Lina Lapelyte, Vaiva Grainyte et Rugile Barzdziukaite, qui remporte le Lion d’or du meilleur Pavillon. Une récompense tant attendue qui fait battre tous les cœurs.

Après la tragédie italienne causée par l’épidémie du Covid-19, l’art doit jouer le ciment de la solidarité. L’art contribue à sauver le monde. Un monde mis sur pause pour le moment. Mais dont la vie reprendra son cours bientôt… Les artistes et les visiteurs seront amenés à s’interroger à la fois sur l’état actuel et futur du monde ainsi que sur leur histoire nationale. La grande exposition internationale a pour objectif de rendre à chacun sa voix, son caractère et sa sensualité pour qu’un véritable échange puisse naître. L’une des finalités serait de sortir de nos réalités digitales et nous replonger dans celles du monde contemporain. Cette 59ème édition a toutes ses chances d’être exceptionnelle. Rendez-vous fin août sur la lagune pour pouvoir en juger. 

Marion Delorme

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